Droit de naissance

alain brunache

Tant que je crois être quelqu’un doté d’un libre arbitre opérant ici en autonomie, il est naturel qu’un élan pour améliorer ma condition m’étreigne.

L’autre versant tout aussi illusoire de cette croyance pourrait m’inviter à imaginer que « je dois »  ne rien faire...

 

Il n’est rien que je fasse pour être en présence car, en premier lieu, quoi que je fasse, je n’en ressens aucune paternité.

Ensuite, tout comme la tentative d'essayer d'arrêter de respirer, les exercices spirituels que je pratique avec mon apparente volonté n'ont, me semble-t-il, qu'une portée à court terme.

Je fais beaucoup d'efforts pour être en présence mais ce que je convoite n'est-il pas la conséquence d’un abandon à mon absence ?...

 

En outre, l'exercice spirituel devient particulièrement piégeant, quand il est motivé par la croyance d'un état lumineux résultant d'une pratique féconde dans le temps.

Croire que l’accomplissement spirituel me sera accordé quand mes efforts auront été suffisants est certes rassurant, mais peut me mettre tout de suite dans l’impuissance quant à la propension à goûter ma nature divine maintenant.

Nature qui est un droit de naissance et ne nécessite aucune compétence particulière si ce n’est de la laisser être.

 

Faire ou rien faire ne me semble pas être une question aussi essentielle que qui fait ? ou ne fait pas ?

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