Geste inspiré

alain brunache

Les dix commandements sont en fait les milles commandements si je regarde comment ma vie de l'instant est chargée d’une multitude d'injonctions. Ce qu'il faut faire et ne pas faire, parce que c'est de bon ton, parce qu'une croyance me donne la marche à suivre, parce que c'est bien ou mal ou parce que ma peur l'exige. Cela ressemble à une recette dogmatique dont chacun a le secret même si de grandes lignes sont partagées par beaucoup. Dans cette perspective prédéfinie de l'action présumée juste, je sacrifie l'intuition fraîche et toujours renouvelée qui m'est donnée en chaque instant.

 

Parfois, j'ose l'incertitude de ce qui va se passer, j'ose l'avenir vierge de toute projection et me donne, vulnérable, à l'instant. L'écoute de ce qui est maintenant supplante alors mes croyances et je me découvre informé seconde après seconde du pas à poser. Quand l'écoute m'est donnée, je réalise que je ne suis ni auteur ni propriétaire du pas en question. Quand l'écoute m'est donnée, je réalise que le pas en question se pose de lui-même. Ce n'est pas moi qui fais...

 

Tant que suis pris en étau entre "je devrais" et l’inspiration qui m’habite, l'action posée ou le fait même de l'envisager est une source intarissable de peur, division, frustration et culpabilité. Quelle que soit l'option suivie, j'ai toujours faux !

 

Quand la confiance se révèle, elle permet de m'oublier, elle permet aux lois conditionnées que je me fixe de perdre corps et permet de me laisser guider par le courant. Cela s'accompagne d'un grand soulagement… 

 

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